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Personne ne peut t'aider. Le noeud est un labyrinthe de signes. Plus précisément, un labyrinthe d'histoires, de pensées et de cris. Tout s'entremêle, tout est relié. Chaque parcours est inédit puisque les possibilités sont innombrables. Comme une grosse balle de ficelle, où chaque fibre est reliée à toutes les autres; une structure imitant la complexité du monde, des réseaux, des pensées, des mémoires; un dédale façonné par les paradoxes du futur. Le noeud est une structure, un éventail de poupées russes tendant vers le néant. On peut sûrement parvenir au coeur, au centre de sa cosmogonie, mais il semble que chaque cul-de-sac ne soit en fait qu'un passage vers un niveau plus profond, plus étouffant. Pourtant, il y a une destination. Je ne la connais pas encore, je ne l'ai pas encore trouvée, mais elle existe. De moins, j'espère. C'est à qui d'entre-nous la découvrira en premier, qui de nous deux pourra s'affranchir du parcours et enfin s'immobiliser. Les liens sont partout. À chaque page, un embranchement, souvent facile à identifier mais à l'occasion camouflé dans la forme, dissimulé à l'oeil mais non au curseur. Il faut être attentif. Il n'y a qu'un règlement, qui existe pour rendre la tricherie facile, accessible. Cette possibilité de transgression est essentielle: son évitement force à la discipline, son acceptation créé l'illusion de liberté. Ce n'est qu'un autre choix parmi d'autres. Voici le règlement: ne jamais utiliser le bouton BACK. Toujours aller vers l'avant, ne pas revenir sur ses pas. J'ai une justification: la vie disparaît lorsqu'on se retourne pour la regarder, comme une tentation de nostalgie. Maintenant, il faut faire un choix, un premier déterminant de parcours. À partir de maintenant, plus d'extériorité: le noeud ne s'appréhende que par une cruelle osmose, il faut y plonger armé de sa seule conscience, avec fluidité et flexibilité, car il est sans pitié. C'est parti. |
